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La moitié des adolescents canadiens auraient regardé la vidéo en ligne de l’assassinat de Charlie Kirk

Une enquête nationale révèle que plus de 8 jeunes sur 10 sont exposés à des images violentes et sanglantes sur Internet, souvent sur des plateformes de médias sociaux grand public


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Winnipeg, Canada — Une nouvelle étude menée conjointement par des chercheurs de DIY : Digital Safety et du Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE) constate que les jeunes Canadiens sont très majoritairement exposés à des images violentes et sanglantes authentiques, principalement sur les plateformes de médias sociaux grand public.

Depuis plus de 25 ans, le CCPE observe une forte montée en puissance des cyberviolences contre les enfants, dont l’exploitation et les abus pédosexuels. Le CCPE gère la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet – Cyberaide.ca –, qui a reçu près de 30 000 signalements l’an dernier. De ce nombre, 26 % émanaient directement des jeunes victimes. Le CCPE enregistre aussi une augmentation de 300 % des signalements de sextorsion dans les cinq dernières années1 ainsi qu’une hausse des signalements de cyberviolences sadiques et de violences alimentées par l’IA, signes de l’urgence de sécurité publique qui se dessine devant nous. L’urgence est indéniable, car trop de vies ont déjà été sacrifiées.

Cette étude s’appuie sur les résultats d’une enquête nationale menée auprès d’un peu plus de 1000 jeunes Canadiens âgés de 13 à 18 ans. On y apprend que :

  • 85 % des jeunes disent avoir vu des scènes violentes ou sanglantes sur Internet.
  • 50 % des jeunes ont vu la vidéo de l’assassinat de Charlie Kirk et 33 % ont vu des vidéos d’une tuerie de masse ou d’une fusillade dans une école.
  • 10 % disent avoir vu des images d’abus pédosexuels et 13 % ont vu une vidéo d’adultes subissant des abus sexuels.
  • Les plateformes les plus souvent citées sont YouTubeMD (44 %), TikTokMD (42 %) et InstagramMD (31 %).

« Pour moi, [les pires vidéos sont celles qui montrent des scènes de] torture d’animaux, et je ne veux plus y penser ni en parler; ça me bouleverse. »

- Citation d’une participante à l’enquête au sujet des images qu’elle a vues sur les médias sociaux.

Malgré ces taux d’exposition élevés, seule une petite minorité d’adolescents (7 %) disent avoir cherché activement ce genre d’images. En revanche, la plupart ont indiqué que ces images apparaissaient souvent de manière inattendue dans des publications d’inconnus (39 %) ou des recommandations algorithmiques poussées par les plateformes (33 %).

« Cette étude révèle que des millions de jeunes Canadiens sont exposés à des photos et à des vidéos vraiment troublantes sur les grandes plateformes de médias sociaux. C’était très dérangeant de lire toutes les descriptions des images que les ados disent avoir vues sur Internet », confie Alexa Dodge, auteure principale de l’étude, professeure agrégée de criminologie à l’Université Saint Mary’s et membre de l’équipe de recherche de DIY : Digital Safety.

« La plupart des ados nous ont dit qu’ils n’avaient aucune envie de voir ce genre d’images et que ça affectait négativement leur bien-être, ajoute Mme Dodge. Dans l’ensemble, tout le monde s’accordait à dire que les images de ce genre devraient être accompagnées d’une mise en garde ou être purement et simplement interdites. »

L’étude met aussi en évidence des manquements de la part des plateformes, notamment des obstacles au signalement de contenus ainsi que la non-suppression d’images ou l’inaction des fournisseurs de services en ligne à la suite de plaintes concernant des images.

« Le fait que des enfants et des adolescents puissent être exposés à de telles images par leur seule présence dans des environnements en ligne grand public devrait déclencher des alarmes au plus haut niveau, estime Lianna McDonald, directrice générale du Centre canadien de protection de l’enfance.

De prétendre que cette exposition est accidentelle reviendrait à dédouaner ces plateformes. Des choix techniques mûrement réfléchis ont été faits pour donner corps au contenu auquel nos enfants sont exposés dans ces environnements, et le Canada a besoin d’un cadre réglementaire pour obliger les entreprises à mettre en avant le bien-être de leurs utilisateurs les plus vulnérables. »

On trouvera la version intégrale du rapport avec ses constatations et ses recommandations détaillées aux endroits suivants :

DIY: Digital Safety

Centre canadien de protection de l’enfance

Contacts médias

Centre canadien de protection de l’enfance
1 (204) 560-0723
communications@protegeonsnosenfants.ca

-30-

Un mot sur le Centre canadien de protection de l’enfance : Le Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE) est un organisme de bienfaisance national voué à la protection de tous les enfants. Il veut réduire l’exploitation et les abus sexuels d’enfants et offre à cette fin des programmes, des services et des ressources aux familles, au personnel éducatif, aux organismes de services à l’enfance et aux forces policières du Canada ainsi qu’à d’autres acteurs du dossier. Cyberaide.ca — la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation et d’abus sexuels d’enfants sur Internet — relève aussi du CCPE, de même que Projet Arachnid, une plateforme Web qui détecte les images d’abus pédosexuels connues sur le Web visible et le Web clandestin et qui envoie des demandes de suppression aux entreprises de technologie.

Un mot sur DIY : Digital Safety : DIY est une équipe d’éminents chercheurs canadiens spécialisés dans la violence facilitée par la technologie. Les membres de l’équipe ayant participé à ce rapport sont Kaitlynn Mendes, Alexa Dodge, Christopher Dietzel et Charlotte Nau. L’équipe de DIY a mené des recherches auprès de 2300 ados canadiens. Forte d’une grande expérience en mobilisation des connaissances dans les milieux universitaires et non universitaires, l’équipe de DIY a notamment produit de nombreux rapports publics, fiches d’information et infographies sur des enjeux relatifs à la sécurité numérique et les aides disponibles. Ses publications s’appuient sur des recherches qualitatives, quantitatives et jurisprudentielles portant sur les expériences vécues par les jeunes Canadiens en lien avec la violence facilitée par la technologie et d’autres formes de cyberviolence.

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